Gérard Humbert est dirigeant du centre depuis sa création.

Nouvelle semaine et nouvelle interview. Présent depuis la création du centre, Gérard Humbert ne compte pas ses heures pour CCF, entre la partie sportive et la cuisine des coureurs.

CCF : Gérard, comment vas-tu après ce confinement ?
Gérard Humbert : Je vais bien ! J’avoue que j’habite dans la verdure. J’ai mesuré cette chance au niveau de l’habitation. Il y a des chemins pas très loin desquels on a profité avec ma femme pour marcher dans la limite d’une heure. J’ai fais également une vingtaine de séances en home-trainer même si ce n’était pas mon truc. Je visionnais des étapes de vélo mais surtout des matchs de rugby car j’en suis passionné.

Comme un rugbyman comme toi est arrivé au vélo ?
GH : Comme tous berjalliens (les habitants de Bourgoin-Jallieu en Isère, N.D.L.R.), j’ai fais pas mal de sport. J’ai toujours fait du vélo, notamment l’été pour me préparer pour le rugby. Je suis arrivé au vélo de compétition à 24 ans où j’ai été un modeste coureur régional. Etant enseignant, j’ai passé mon diplôme et j’ai crée une école de vélo à Tournus (Bourgogne) avant de partir à La Réunion dans les années 1980 où l’on a créé une classe une sport étude vélo avec le CTR. J’y ai passé mon BE1. Au Sénégal à partir 1988, j’ai découvert le vélo avec du public : plusieurs milliers de personnes nous encourageaient pour un critérium à Dakar ! J’ai gagné des courses là-bas ! C’était quelque chose. Après 6 ans, je suis revenu à Bourgoin-Jallieu. C’est là que j’ai connu Loïc Varnet, entraineur du VC Bourgoin à l’époque et Antonio Corsetti (un autre dirigeant du centre). 

“On est parti d’une page blanche à partir du projet présenté par Loïc : l’accès au haut niveau, le double projet et l’unité de lieu.”

Gérard Humbert

Et finalement il y a eu ce projet du centre de formation ?
On discutait souvent ensemble et nous faisons un groupe de travail à six avec des gens qui étaient déjà éducateurs. Loic a coordonné le projet. Il m’a demandé si je voulais le rejoindre car j’étais professeur et éducateur, Antonio était commissaire régional et éducateur. Il y avait aussi René Caballero, Robert Pollet qui était comptable et été à Chambéry Cyclisme Compétition ainsi que Gilles Dellion qui avait l’expérience de l’ancien pro. On s’est retrouvé lors de la première réunion au premier trimestre 2000. On est parti d’une page blanche à partir du projet présenté par Loïc : l’accès au haut niveau, le double projet et l’unité de lieu. 

Pourquoi as-tu adhérer au projet ?
GH : C’était un projet sur la formation. J’étais enseignant, la formation c’était mon domaine. J’avais un passé d’encadrement. J’étais passionné, on était très motivé. Au début, on est parti d’une feuille blanche et Vincent Lavenu n’était pas au courant. C’est quand on a avancé que l’on est allé vendre notre projet ce fut le premier à être démarché car il avait l’équipe professionnelle de Chambéry. Il a tout de suite suivi. On s’est beaucoup appuyé sur les centres de formation de sports collectifs. Au niveau individuel, il n’y avait rien. On avait le hand à proximité, le rugby à Bourgoin-Jallieu. On s’est appuyé sur ce cahier des charges. C’est quelque chose que l’on fait encore régulièrement : ASVEL, Clermont Auvergne Rugby, OL, … c’est toujours très enrichissant. Rien que le budget du centre de formation de l’OL à l’époque c’était 13 millions d’euros soit presque le budget de AG2R LA MONDIALE. 

“Jean-Marie Leblanc a tout de suite donné sa carte et Loïc l’a appelé dès le lundi matin suivant.”

Gérard Humbert

Avec le recul, quel regard portes-tu sur l’évolution du centre ?
GH : Cela fait 40 ans que je suis dans le vélo. J’ai été dirigeant de club, dans l’encadrement,… Au départ, on avait dit : nous dirigeants, on va confier le fonctionnement à des professionnels : le premier ce fut Loic. Il y avait un mécanicien et Selim Abad (aujourd’hui président de Chambéry Cyclisme Compétition, N.D.L.R.) qui était secrétaire. Il y avait des pigistes comme directeurs sportifs. La première promotion c’était 10 coureurs.
Dans notre projet, on a eu un coup de pouce. Au début des années 2000, à l’automne on avait un dossier que l’on a vendu à Vincent Lavenu puis on a été voir les collectivités. Jean-Marie Leblanc est venu signer à Chambéry le dernier contrat de la classique des Alpes, quelques jours après le procès de Festina. Au pot organisé à cette occasion, le patron du Tour de France à l’époque avait été interrogé sur cette affaire et le mot à la mode à l’époque pour lutter c’était la formation des coureurs. Il y a un élu du département qui a entendu ça et a discuté aussitôt avec lui pour lui parler du projet que nous venions de lui présenter. Leblanc a tout de suite donné sa carte et Loïc l’a appelé dès le lundi matin suivant. C’est comme ça qu’on a eu un contrat de partenariat avec ASO pendant 4 ans qui a été renouvelé 4 ans de plus. On était lancé. 
Tout ça pour dire que aujourd’hui c’est la fierté qui prime. C’est une structure qui est reconnue dans le monde du cyclisme. On commence même à être copié. C’est une belle aventure car on, les dirigeants, est encore tous là depuis le début : c’est la passion qui reste. Il faut rester modeste par contre et se remettre en cause. Au départ on était 6 et d’autres nous ont rejoint. Chacun amenant ses compétences. On est des dirigeants privilégiés à CCF. On a la responsabilité du club mais c’est confortable car on a des professionnels qui s’occupent du fonctionnement. 

Aujourd’hui, avec Antonio Corsetti, tu gères la partie restauration des coureurs ? 
GH : L’unité de lieu était indispensable au centre pour encadrer les coureurs comme il faut. Cela faisait parti de la formation. Les sports d’équipe c’était ça. Même les équipes professionnelles cyclistes maintenant sont de plus en plus regroupées. Le handball à Chambéry avait déjà une cuisine avec leur centre de formation. On s’est collé dessus. On pensait que partager les sports étaient bien mais ce n’était pas les mêmes mondes, la même l’ambiance et la même diététique. Mais c’était important pour nous d’avoir tous les coureurs regroupés, de pouvoir proposer un menu adapté à tout le monde tout comme l’hébergement. Aujourd’hui c’est Kénizée qui s’occupe de la cuisine pour les coureurs. Elle gère les courses et s’occupent de faire les repas dans une cuisine à disposition des coureurs. Forcément, le COVID-19 a revu nos plans et la cuisine est à l’arrêt depuis mi)mars.
On espère accueillir à nouveau tout le monde début juin. Certains coureurs voulaient revenir dès le 11 mai mais c’était compliqué à tout remettre en place. Pour la cuisine, Kénizée va reprendre pour faire la cuisine avec masques et désinfection du mobilier et du matériel de cuisine. Le repas ne sera pas pris dans la salle commune. Les coureurs viendront chercher les repas un par un sur le système de repas emportés comme pour les restaurants. Chacun devra porter un masque pour récupérer son repas. 

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