Passé par le centre de formation en 2014, Tom Bossis est désormais au Japon où il est manager de l’équipe Yamanakako CF. Cet été, il devait être le responsable de l’accueil de l’équipe de France à l’occasion des JO. Il nous raconte.

Au Japon, Tom Bossis est manager de l’équipe Yamanakako Cyclisme Formation

CCF : Bonjour Tom ! Quel a été ton parcours entre ton départ de CCF ?
Tom Bossis : Bonjour ! J’ai quitté le CCF à la fin de l’année 2014 où j’ai également été responsable communication en service civique. Cela a été ma dernière année en France. En 2015, j’ai couru pour une équipe continentale roumaine, Tusnad Cycling Team (Aujourd’hui Team Novak), avant de partir à Tokyo dans le cadre d’un échange universitaire. J’y ai rencontré celle qui est devenue ma femme, et m’y voilà encore cinq ans plus tard.

Pourquoi être parti au Japon ?
TB : Pourquoi pas ? Après mon expérience au CCF, j’ai souhaité continuer de voyager, d’abord via le cyclisme, puis ensuite les études. Le Japon est un pays très éloigné du nôtre, aussi bien géographiquement que culturellement. Et maintenant que j’y suis, j’ai l’impression de faire un saut 50 ans dans le passé à chaque fois que je reviens en France.

Que fais-tu aujourd’hui ?
TB : Je suis manager de l’équipe Yamanakako Cyclisme Formation et je suis aussi responsable de l’accueil de l’équipe de France sur place pour les JO de Tokyo.

En quoi consiste ta mission de responsable de l’accueil de l’équipe de France sur place pour les JO de Tokyo ?
TB : Je m’occupe de toute la partie locale, de la préparation en amont jusqu’au séjour sur place et l’épreuve le jour-J, en renfort du staff de l’équipe de France. Lors du Test Event, j’ai eu la joie de retrouver deux de mes coéquipiers au CCF, Nico Denz et Nans Peters avec la France, qui a terminé troisième.

Nans Peters, Tom Bossis et Nico Denz au dernier Test Event de Tokyo (2019)

Comment les japonais ont réagi au report du JO ?
TB : Au début, ça n’a pas été facile, mais aux vues de la situation actuelle, plus personne ne conteste la décision. Au contraire, c’est un an de plus pour la préparation des JO, mais aussi de l’après JO, et le Japon en a bien besoin.

Comment est la vie là-bas en ce moment face au coronavirus ?
TB : Le gouvernement japonais n’a pas la possibilité de mettre en place de confinement à moins de modifier la constitution. Pour le moment, il n’y a aucun système de sanction. Ce qui serait inconcevable en France… Mais le peuple japonais est tellement discipliné que ça a tenu jusqu’à maintenant. Tous les évènements sont annulés, mais seuls, on peut rouler dehors comme bon nous semble.

Personnellement, comment vois-tu ce report des JO ?
TB : Moi je suis plutôt content, ça nous permet de développer la culture cycliste de la région encore davantage (nous sommes basés en plein milieu du parcours). Et pourquoi pas envoyer un coureur au CCF dans un futur proche ?

Tu parles de développer la culture cycliste au Japon, c’est-à-dire ?
C’est en venant au Japon que j’ai compris la valeur de notre culture cycliste en France. Ici, ceux qui dirigent le système sont ceux qui ont échoué en Europe, et qui sont rentrés au pays. Le “foncier”, le “job”, être “affûté”, personne ne connaît tout ça. Les juniors ont moins de dix jours de course à l’année et vont faire les coupes des nations… Mais il y a de l’engouement, de l’argent et beaucoup de potentiel.

Tu nous suis encore régulièrement CCF, quel regard portes-tu aujourd’hui sur la structure ?
TB : CCF est resté fidèle à lui-même, et il a raison. Personnellement, j’ai intégré le CCF sans avoir l’ambition de passer professionnel, mais finalement, j’en ai fait mon métier, puisque je suis en train de “recréer CCF” au Japon. C’est l’une des meilleures structures de formation au monde, et j’ai maintenant un autre objectif : celui d’envoyer l’un de mes coureurs !

Que te manque-t-il le plus de tes années au centre ?
C’est toute une ambiance : des sorties VTT en novembre aux entraînements chrono, les entretiens avec Loïc (Varnet, notre directeur général NDLR) et bien sûr les courses… Comme tous les coureurs vivent ensemble, le degré d’encadrement dépasse celui d’une équipe pro. Il m’a fallu plusieurs années pour comprendre la chance qu’on m’a donnée au CCF. Ce sont d’excellents souvenirs !

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