René Caballero est dirigeant au centre depuis sa création

Nouvelle semaine et nouvelle interview. Président du centre à sa création et aujourd’hui secrétaire du conseil d’administration, René Caballero a échangé avec nous sur toutes ses années au centre de formation.

CCF : René,  comment s’est passé ton confinement ?
René Caballero : Bien. J’ai de la chance d’habiter à la campagne, d’avoir une maison avec du terrain et en bordure de forêt. Sur le plan environnement, je n’ai pas souffert. J’ai accueilli ma mère qui a 89 ans car je ne voulais pas la laisser seul. J’ai fais tous les deux jours 1 heure de home-trainer au soleil. Cela s’est relativement bien passé et notamment sur le plan santé. 

Tu es au centre depuis sa création. Comment cela s’est passé ?
RC : A l’origine, j’ai commencé en 1994 à Chambéry Cyclisme Compétition (CCC) pour remonter une équipe senior avec Loïc Varnet. J’arrivais de Charvieu-Chavagneux où j’étais coureur et entraineur. Avec Loïc, on encadrait les équipes du comité. Comme on faisait souvent équipe ensemble on a lancé le projet à CCC comme cela. Cela s’est bien passé et puis en 1999 quand j’ai arrêté CCC à cause de mon travail, il m’a recontacté pour car il avait un projet de centre de formation. Je l’ai rejoint en 2000, on a constitué une équipe de dirigeants. J’ai proposé mon nom au poste de président, poste que j’ai occupé jusqu’en 2014. 
Cela faisait 7 ans que l’on bossait ensemble et on se complétait bien : Loïc sur la partie sportive et moi côté organisation, relations avec les partenaires. J’ai toujours dit qu’il fallait plus faire envie que pitié. Je faisais attention à l’uniformité des vélos, des tenus, des voitures, tout ce qui donne du sérieux.
Au centre, c’est le double projet m’a plu : sport & étude. Je voulais en terminer avec tout ce que j’ai connu en tant que coureur et entraineur : payer les coureurs, ne pas payer l’encadrement, recruter des mercenaires. Au centre c’était un vrai projet, novateur, qui sortait des sentiers battus. Les coureurs venaient uniquement pour ce projet. Puis il y a aussi l’unité de lieu : pouvoir avoir tous les coureurs à demeure comme les centres de formation des sports collectifs.
Ce n’a pas été facile au début, il a fallu se confronter à ce qui se faisait dans le vélo. On nous a savonné pas mal de fois la planche. 

” On a toujours gardé l’ADN du centre, on n’a jamais dévié de ça. ”

René Caballero à propos de l’évolution du centre

Aujourd’hui, quel regard portes-tu sur l’évolution de CCF ?
RC : On a franchi des étapes petit à petit. On s’est pris parfois des baffes mais on a toujours rebondit. On s’est nourri des échecs pour améliorer d’autres choses. On a toujours gardé l’ADN du centre, on n’a jamais dévié de ça. Certains très bons coureurs ne sont restés qu’un an chez nous car ils sont sortis de ce double projet. C’est ce qui nous a toujours sauvé et c’est ce qui continuera de nous sauver. C’est pour ça que nos partenaires, tant privés que institutionnels nous font confiance. On a cheminé normalement au gré de nos réussites et échecs. Dès le départ on a voulu être transparent, d’où les conseils de surveillance deux fois dans l’année avec les partenaires institutionnels & privés pour faire le bilan comptable et présenter les projets. Cela a été déterminant et encore plus dans ces périodes difficiles. 
Ma plus grande fierté aujourd’hui c’est d’être presque incontournable au niveau du recrutement. Voir 11 coureurs du centre au sein de l’équipe professionnelle AG2R LA MONDIALE c’est du concret. Vincent Lavenu nous a fait confiance dès le départ, il a tenu bon, notamment au début où il a fallu 6 ou 7 ans pour voir un coureur passer pro… Maintenant ça porte ses fruits. 

Le centre va avoir 20 ans. tu seras toujours à CCF dans 20 ans ?
RC : Je le souhaite ! Peut-être pas forcément en tant que dirigeant mais je surveillerai. J’étais content d’être président mais j’étais content de céder ma place. Les présidents ont tendance à s’accrocher, moi j’ai préféré trouver quelqu’un. J’étais président tant qu’on était un super marché. Maintenant que nous sommes un hyper marché, il fallait quelqu’un à la hauteur. Deux ans avant de laisser la présidence, on connaissait déjà Jérôme Charvin. Je lui ai proposé d’intégrer le centre en tant que président avec l’idée qu’il pourrait le diriger. Tous les dirigeants ont un travail de réflexion et chacun apporte une compétence au niveau du centre de formation.

” Si la saison s’arrête là, on est à 75% de victoires donc c’est notre meilleur saison ! “

René Caballero

Face au COVID-19, comment vois-tu le centre s’adapter ?
RC : On a vu, déjà, que nos coureurs ont été remarquables dans cette période. Ils ont bien géré, respecté les consignes et se sont adaptés. Maintenant sur le plan sportif on a à faire à des gens de haut-niveau : ils savent s’adapter. Puis il y a ce double projet, donc ils ont pu consacrer ce temps à leurs études. Ils ont moins subit sur le plan sportif car ils avaient un autre centre d’intérêt, un autre objectif. 
Maintenant sportivement, si la saison s’arrête là, on est à 75% de victoires donc c’est notre meilleur saison ! (rires) Au-délà de ça, on ne sait pas comment ça va repartir. Mais si l’incertitude est là, il faut rester positif ! Le centre est bien géré. Malgré tout, on a eu des messages positifs de nos partenaires. On a anticipé et on a toujours su le faire. On n’est pas inquiet. On peut repartir la saison prochaine sans problème. On s’est toujours donné une marge suffisante pour pouvoir encaisser une crise. On est sereins. 

Un mot pour finir ?
RC : Peut être que quand on reviendra à une sérénité tous les jours, j’espère que beaucoup de gens comprendront qu’il faut revenir à des choses essentielles de la vie. Je suis fier d’être au centre de formation et fier d’avoir participé avec notamment tous les coureurs qui sont passés … Ce sont quand même tous des bons garçons et on se réconcilie avec la jeunesse ! 

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